L'Echo-Solidaire
Une visite au salon des services à la personne le 9 avril 2008 « Un coup de fil pour un coup de main » home idéal… plaisir d’aider… Domicilis….Junior et Sénior services…net Normandie…family services… Maison et services…O2 autant de noms d’entreprises enchanteurs qui vous proposent indifféremment de nous débarrasser de nos corvées, de garder nos enfants, de soigner notre ordinateur, de prendre en charge notre grand mère vieillissante, laver les vitres et tondre la pelouse….et le tout pour rien ou presque : les prestations sont déductibles des impôts à hauteur de 50% et/ou permettent de bénéficier d’un allégement de charges. Les entreprises de services à la personne promettent de s’occuper de tout, mettent au service des particuliers « des employés sûrs, discrets…(qualités essentielles des bons domestiques), elles garantissent la mise à disposition du même employé, qu’on peut toutefois « changer quand on veut »… Visiter le salon quelle épreuve ! L’image d’un société de maîtres et serviteurs s’affichait dans une grande majorité de stand/ Tout ce qui relève de l’espace privé, du domicile est contraignant, « la corvée » et le but de ces entreprises est de vous en débarrasser. Certes, les secteur est florissant, de nombreuses entreprises se créent, d’autant plus que l’Etat intervient massivement. Ces interventions bénéficient majoritairement au profit des ménages aisés imposables. Des emplois sont créés ou du moins blanchis. Pourtant c’est aussi à ce niveau que le bât blesse : Le plan Borloo, instauré le 1er Janvier 2006 avait l’ambition de créer 500 000 emplois en équivalent temps plein sur 3 ans avec ce dispositif. Or, une étude de l’observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), présenté le 28 avril 2008 met à mal ce plan : 14700 emplois équivalents temps plein auraient été créés la première année, car les emplois créés sont à temps très partiel, le plus souvent 12 heures par semaine. Au mois de Janvier 2008, l’INSEE soulignait que les salariés du secteur étaient pour la majorité des femmes au salaire très faible, inférieur à 1666 euros net par an dans la moitié des cas. Ces salariés ont recours à plusieurs emplois, le morcellement de leurs interventions, le temps passé en transports, représentant 25% du temps de travail, non rémunéré. De plus, selon l’OFCE, 80% n’ont pas accès à la formation ni aux contrôles médicaux. Enfin, pour qu’une partie de la population puisse travailler plus, gagner plus et dépenser plus on propose de se désinvestir de la vie domestique familiale. On creuse les inégalités entre salariés, inégalités qui touchent en priorité les femmes qui n’ont pas besoin de cela au moment où les objectifs d’égalité entre les femmes et les hommes s’essoufflent. Cependant, une petite lumière brillait dans ce salon, elle est due à l’initiative de SOS Racisme Basse-Normandie qui a lancé l’action A DOM et CIT, pour lutter contre les discriminations et le racisme très forts dans ce secteur.
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