Les monnaies sociales,
ou comment enrichir par du sens les échanges sur les territoires
Monnaies locales, complémentaires, communautaires, libres... Il existe une multiple de termes pour évoquer de manière plus ou moins pertinente l’objet que nous nous proposons de traiter ici : les monnaies alternatives aux monnaies nationales. D’organisations et d’objectifs très divers, ces monnaies peuvent toutefois être regroupées sous la terminologie de monnaie sociale, non seulement parce que celle-ci rappelle la proximité de ces outils avec l’économie sociale et solidaire mais également parce que l’on retrouve très fréquemment l’ambition d’une mixité sociale multidimensionnelle, ambition aisément qualifiable de sociale. Organisées par et pour le territoire, elles sont un moyen ludique mais néanmoins efficace de sensibiliser et de conduire, de manière concomitante, les citoyens à la consom’action et les entreprises à la production responsable. Ne prétendant pas se substituer aux monnaies nationales, elles visent à les compléter pour proposer très concrètement de développer de manière soutenable les territoires sur lesquelles elles sont mises en place. A la lecture de cette première amorce de définition, il serait possible de penser que les monnaies locales sont un concept nouveau, révolutionnaire. Il n’en serait rien puisque l’histoire des systèmes monétaires tendrait à les identifier dès la période médiévale, période où cohabitaient une monnaie de référence (basée sur l’or) servant aux échanges commerciaux lointains et une multitude de pièces locales utilisée pour les échanges locaux. Toutefois, au XX siècle et plus précisément depuis les années 80, les monnaies sociales connaissent une très forte vitalité puisqu’il existe plus de 4000 dispositifs à travers une cinquantaine de pays. Même si elles ont toutes comme objectif commun la relocalisation et la dynamisation des échanges de biens et services, ainsi que la transformation de la nature même des échanges, les monnaies sociales n’en sont pas moins multiples dans leurs organisations faisant varier sensiblement les objectifs secondaires.Une fois l’outil monnaie sociale cerné, n’apparaît-il pas assez naturel et stimulant de s’interroger sur l’opportunité et la faisabilité d’une telle initiative d’économie sociale et solidaire sur tout ou partie du territoire bas-normand ?
