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L’économie solidaire... quésako ?
jeudi 21 février 2008 par ardes

 Face aux mutations des sociétés, les initiatives locales se développent partout

logo-bleu Au moment où les mutations que nous vivons imposent à nos sociétés la recherche d’un dépassement des limites rencontrées par les secteurs privé et public, de nombreuses expériences pour faire de l’économie autrement se développent dans tous les pays.

L’originalité de l’économie solidaire est d’apporter des réponses précises et concrètes aux difficultés de liaison entre des actions locales et la possibilité d’une large démocratisation de l’économie. L’économie solidaire s’est en effet progressivement définie à partir de pratiques qui ont émergé au sein d’actions individuelles et collectives puis se sont confrontées à la réalité du terrain. Ce sont à la fois :
- des habitants, usagers ou professionnels prenant en charge la conception des services qu’ils estiment nécessaires
- des entrepreneurs voulant contribuer à l’intégration par l’économique de populations en difficulté
- des consommateurs qui s’organisent pour vérifier la qualité des produits qu’ils achètent
- des épargnants utilisant différemment leur argent.

bonhomme Cette diversité des démarches explique que les actions dans une perspective d’économie solidaire ne se laissent pas enfermer dans un statut juridique. Par contre leur actualité se révèle des différents contextes au Nord (recomposition et renouvellement associatifs dans l’ensemble de l’Europe, nouvelles coopératives de solidarité sociale en Italie et en Suède, développement économique solidaire dans les pays anglo-saxons, groupes d’auto-assistance en Allemagne), et au Sud (structuration d’un mouvement parti de l’économie souterraine de survie pour aboutir à des organisations économiques génératrices de statuts et revenus stables que ce soit en Afrique, en Asie ou en Amérique Latine).

Des actions nouvelles qui sortent de la marginalité car elles se retrouvent autour de caractéristiques communes. Elles mettent l’entraide mutuelle et la réciprocité au cœur de l’action économique : des personnes s’associent librement pour mener en commun des actions qui contribuent à la création d’activités économiques et d’emplois tout en renforçant la cohésion sociale par de nouveaux rapports sociaux de solidarité.

La volonté individuelle et collective d’entreprendre dont font preuve les acteurs qui s’y impliquent ne peut pas s’expliquer par le seul intérêt matériel. Le risque pris par les entrepreneurs s’explique par l’existence d’un projet partagé visant à démocratiser l’économie.

Ces expériences s’organisent dans une dynamique citoyenne en favorisant la mise en place d’espaces publics de proximité", c’est-à-dire des lieux permettant aux personnes de prendre la parole, de débattre, de décider, d’élaborer et de mettre en oeuvre des projets économiques adaptés aux contextes dans lesquels ils émergent. En cela, elles trouvent un large écho auprès de réseaux de la société civile qui, par leur engagement, contribuent aussi, tant à la production de biens et de services qu’à l’approfondissement de la démocratie.

 
Post Scriptum :
A lire pour en savoir plus : l’économie solidaire ; prendre sa vie en main