» On fait du cinéma  » ou comment résister à la barbarie ?

img_tunisieRetour sur la semaine franco-tunisienne. Du 9 au 16 novembre 2015, sept Tunisiens cinéphiles sont venus nous dire combien le cinéma, l’image, la poésie sont essentiels aux sociétés démocratiques, comment des salles de projection peuvent être transformées en autant « d’espaces de résistance face aux ennemis de la vie, de la liberté et de l’imagination créatrice », pour reprendre les mots du Président de la République tunisienne qu’il a tenus au moment de l’attentat terroriste à Tunis le 24 novembre, onze jours après les attentats de Paris. L’association des Amis du Printemps arabe et de la Tunisie (Lapat) avait organisé un programme d’échanges et de rencontres très riche avec des associations caennaises. Les sujets abordés ont été très divers : l’agroécologie, l’immigration, les femmes, les jeunes, les projets de tourisme solidaire, les ravages du chômage, l’engagement, le rôle de la société civile et des associations pour que vive la démocratie… Tout cela à partir de films, de courts métrages réalisés par des jeunes Tunisiens et des Caennais.
Changer les représentations, comprendre ce qui se joue dans nos sociétés respectives sont des enjeux importants pour construire un monde plus pacifique et plus juste, mais nous avons pu vérifier que cela ne se décrétait pas.

Quel enseignement tirer de cette semaine de novembre ?
Les associations partenaires de Lapat, l’association Formes et Couleurs Oasiennes de Chénini (Afco) et l’association Bizerte Cinéma (ABC), ont décidé d’aller plus loin : en 2016, autour du thème des migrants seront organisées les Rencontres cinématographiques méditerranéennes, au cours desquelles les regards de jeunes réalisateurs du Nord et du Sud seront confrontés. Et puis d’autres échanges sont programmés, à commencer par trois journées de « formation » destinées aux parents ayant un enfant autiste à Bizerte, qui seront animées par cinq parents de l’association Autisme Basse-Normandie. Plus de 50 familles sont concernées dans un pays bien démuni dans la prise en charge de ces enfants. Des voyages solidaires, organisés par nos amis tunisiens, développeront les contacts avec les habitants. Nous le savons bien, le tourisme solidaire ne compensera pas la perte économique du tourisme de masse engendrée par l’insécurité, mais ce qui compte, c’est ce qu’apportent ces rencontres à un pays qui est plus soumis que d’autres, parce qu’en transition démocratique, au risque totalitaire. Lapat, une association usagère de la Maison des solidarités, compte bien s’appuyer sur la richesse du réseau d’associations présentes dans la Maison pour développer et faire comprendre, l’importance de ce partenariat, non seulement pour la Tunisie, mais pour un bassin méditerranéen moins mortifère. L’économie solidaire et équitable a son rôle à jouer.

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