Auteur/autrice : ardes

La Centrifugeuz : des arts solidaires pour une éducation populaire

La Centrifugeuz est une association qui a pour particularité de n’avoir aucun président. Cette fonction est remplacée par celle de représentant légal, ce dernier ne possédant qu’une fonction juridique et de représentation, mais en aucun cas de fonction décisionnelle.

La Centrifugeuz se présente comme un « lieu alternatif d’expérimentation d’initiatives solidaires ». Alternatif vis à vis du capitalisme par une volonté de partage, que ses membres aiment à définir comme une « petite commune, partielle, partiale et autonome ».

La Centrifugeuz a vocation à favoriser la création artistique et culturelle par la mise à disposition de manière gratuite d’espaces et d’outils de travail. Le lieu permet ainsi la cohabitation d’une vingtaine de membres.

Historiquement, l’émergence de la Centrifugeuz est liée à une volonté de revendication du développement d’un lieu pour les indépendants dans le milieu des arts et de la culture. Le premier local investi fut une école désaffectée. L’idée étant, par l’imposition d’une occupation par un mouvement de désobéissance civile, d’entamer des négociations à marche forcée avec la municipalité, ce que les représentants de l’association présentent comme « un coup de force légitime ».

En termes de gouvernance, le projet s’est monté initialement autour d’un collectif informel avant de se stabiliser juridiquement par le biais du statut associatif, ce qui permettait au collectif d’interagir plus aisément avec l’extérieur (partenaires, collectivités, associations…) et ainsi sortir de la marginalité.

Afin de se stabiliser aussi géographiquement, une convention d’occupation est passée entre l’association et la Ville, temporaire dans un premier puis permanente.

La contribution financière aux activités de la structure par ses membres se fait sur la base d’une participation libre

La Centrifugeuz développe son utilité sociale à travers trois axes :

  • Artistique : proposition d’activités autour de la création, permettant de lier des professionnels à des amateurs
  • Solidarité : accueil de groupes en recherche d’un lieu d’ancrage, soutien aux migrants
  • Culturel : démarche d’éducation populaire et hébergement de structure culturelle développant ce type de démarches (travail autour de l’émancipation par la création artistique)

La Centrigugeuz revendique ainsi une volonté de remise en cause des acquis.

Bande de Sauvages : le collectif au service de l’autonomisation.

Créé en 2012, le collectif Bande de Sauvages est avant tout un regroupement de bonnes volontés qui cherchent à expérimenter de nouvelles pratiques et modes d’organisation collective. « Ça a été impressionnant d’interaction » se rappellent Timothée et Augustin, deux membres du collectif à l’initiative de la démarche. Le collectif a depuis gagné en ressources humaines et a accompagné l’émergence de divers projets tels que le Café Sauvage et plus récemment le restaurant associatif Sauvage sur un Plateau.

Le mode de fonctionnement est qualifié d’organique. Celui-ci a été rendu possible par une faible institutionnalisation du mouvement. Cependant, la dynamique de professionnalisation aidant, force est constater que le projet doit aujourd’hui composer avec l’environnement institutionnel local.

Le fonctionnement prend la forme de comités de pilotage qui gèrent les aspects organisationnels. Le Conseil d’Administration quant à lui aborde les aspects juridiques et économiques. Un travail de réflexion est également mené en matière de gouvernance. Chaque projet ou expérimentation se dote donc d’une instance de pilotage ouverte à tous L’idée centrale étant que personne n’est indispensable mais que tout le monde peut être utile.

Bande de Sauvage aime à se présenter comme un incubateur de projet. L’idée part du constat de la difficulté pour les porteurs de projets de trouver des partenaires et former un collectif. Elle tend ainsi à mettre en lien des individus, faire émerger des idées par l’interaction et l’échange, le tout dans une logique de mixité tant sociale que générationnelle.

L’idéal sous-tendant le projet est de créer un espace repère pour le milieu associatif, avec pour but de monter des projets de manière informelle. Ainsi, l’éducation populaire apparaît pour les sauvages comme une notion centrale qui permet une rupture avec la dialectique du sachant et de l’apprenant, par la biais d’une dynamique de croisement des savoirs.

Le Café Sauvage a été un lieu où la participation se faisait majoritairement sur la base du bénévolat – les ressources humaines « institutionnalisées » n’étant composées que de contrat aidé et service civique. Les valeurs d’éducation populaire se matérialisaient par la mise en œuvre d’une offre à prix libre : en effet, dans un perspective d’éducation à la consommation et de responsabilisation des adhérent.es, un tableau affichait les coûts réels pour chaque produit proposé, permettant au consommateur de décider par lui-même et de manière éclairée du prix qu’il jugeait le plus juste pour l’offreur et pour son propre budget. L’idée étant que la responsabilisation entraîne la confiance.

Mathieu (Enercoop) : remettre les citoyens au cœur de la gouvernance, un enjeu pour l’ESS

Avec une formation d’ingénieur agronome, Mathieu est issu du monde agricole, secteur porteur de dynamiques de coopération et d’éducation populaire. Cependant, ses premières expériences professionnelles l’ont conduit à déplorer dans ce milieu une perte de sens et de volonté revendicatrice dans les dynamiques coopératives qui le jalonnent.

Il participe à la création de l’association « Culture en brousse » qui effectue une travail de réflexion autour des questions de gouvernance. L’association se fonde sur des statuts horizontaux par le biais d’un Conseil d’Administration essentiellement composé par des co-présidents.

Son métier d’agronome le pousse à entamer une réflexion sur la question environnementale par le biais des énergies renouvelables. C’est ainsi qu’il découvre Enercoop. Adhérent dans un premier temps, il souhaite rapidement rompre avec sa simple position de « consommateur » pour aborder la question sous un angle plus militant.

En rejoignant la coopérative Enercoop en tant que salarié, il entend faire la preuve par l’exemple de la plus-value de la coopération au sein d’une entreprise. Pour lui les enjeux de la coopération résident dans le questionnement suivant : comment faire en sorte que des citoyens non-techniciens soient investis dans la décision et participent pleinement à sa construction ? Cela rejoint rapidement des enjeux de démocratie expérimentés au quotidien de la vie sociale. Son engagement tend rapidement à travailler sur la remise en cause du gouvernement de l’expert et du technicien, pour établir une gouvernance ouverte, inclusive et citoyenne.

Mathieu identifie toutefois une limite à son parcours d’engagement. Sa posture de salarié militant a pour effet de réduire les temps de décrochage, les temps pour lui. Il identifie ce paramètre comme un point de vigilance qui doit être gardé à l’esprit de toute structure de l’ESS.

En revenant sur les questions de gouvernance, Mathieu se demande comment éviter l’accaparement de la parole par un groupe de spécialistes pour l’ouvrir à tous et toutes ? Il relie cette problématique à celle de la transition énergétique. Selon lui, un changement de modèle énergétique n’est pas possible dans un contexte de centralisation de la décision.

Il souligne néanmoins une volonté de lutte contre la résignation. Son engagement lui a permis d’entrevoir l’existence de prises de conscience réelles chez les citoyens et citoyennes mais qui est souvent suivi par un découragement au moment du passage à l’action, suscité par l’apparente ampleur de la tâche.

Glawdys (ATIPIC & Territoire Zéro Chômeur) : retrouver le sens par l’emploi

Glawdys est une des premières personnes à avoir été embauchée par l’Entreprise à But d’Emploi (EBE) ATIPIC. Cette EBE concrétise la mise en œuvre de l’expérimentation Territoire Zéro Chômeur Longue Durée sur la commune de Colombelles. L’idée de l’expérimentation réside dans le fait de mettre en place une structure employeuse qui va créer des postes non concurrentiels à l’existant, répondant à des besoins non pris en charge par l’économie locale, à destination des chômeurs et répondant à un projet professionnel exprimé par ces derniers.

Glawdys explique que la spécificité des embauches chez ATIPIC réside dans l’opportunité qui est donnée aux futur.es employé.es de choisir leur temps de travail ainsi que le cadre de leur mission. Tout poste créé l’est sur la base d’un CDI. Par ailleurs, le projet personnel est pris en compte, quelque soit le niveau de formation de la personne. En effet, un travail d’accompagnement au préalable de l’embauche est effectué pour construire avec le futur employé un parcours de formation qui lui permettra d’acquérir les compétences nécessaires à la réalisation des missions qu’il souhaite effectuer.

Glawdys a été formatrice dans l’armée. Aujourd’hui, à travers son emploi chez ATIPIC, elle déclare ressentir une véritable utilité à son travail. Elle a le sentiment de contribuer à créer du lien social sur Colombelles, un investissement qui lui tient à cœur. Elle contribue à la gestion de l’EBE et se félicite de participer à la création d’un mieux vivre global sur la commune dans une dynamique de partage et d’échange. Bien que payée au SMIC (à l’instar des autres salarié.es), elle explique récolter « les richesses du cœur », et n’a pas envie de travailler ailleurs.

Emeline (Glitch Lab) : le lien associatif contre l’isolement et l’exclusion sociale

Émeline prend conscience de l’impact social du lien associatif à la suite d’une période d’isolement, survenue à sa sortie d’étude qui donne lieu à un temps d’inactivité prolongé. Le déclassement ressenti l’entraîne à douter de son utilité sociale et a des conséquences négatives sur sa confiance en elle et son rapport à l’autre. Elle explique que son investissement associatif a constitué pour elle une porte de sortie du cercle vicieux du déclassement que peut constituer l’isolement lié à l’inactivité professionnelle.

La porte d’entrée vers le milieu associatif – et a fortiori l’économie solidaire – a été pour elle la question du numérique. A travers des Mooc, elle découvre l’existence des Fab Lab, des maker space et de leur capacité à générer des dynamiques d’ouverture, de rencontre, de création de lien social. Elle souligne l’importance de ces dynamiques-ci dans la construction d’une nouvelle estime de soi et dans le processus de resocialisation.

Investie dans le milieu associatif au titre de ce qu’elle nomme une posture de « consommatrice de l’associatif », Emeline ressent par la suite le désir de « passer à la vitesse supérieure », c’est à dire en devant actrice du développement associatif sur son territoire. Elle va ainsi participer avec un collectif de bénévole à la création du Glitch Lab, un maker space situé à Rouen.

Terre de Liens Normandie

Terre de le Liens Normandie est une association créé en 2009. Elle agit pour favoriser l’accès solidaire au foncier agricole et ainsi aider à installer des agriculteurs bio sur le territoire normand. Elle est constituée d’une équipe de 5 salariés, et d’environ 330 adhérents.

Domaines d’activité et de mobilisation:

  • l’accompagnement des porteurs de projets agricoles dans leurs démarches d’accès au foncier
  • l’accompagnement des collectivités dans la conception et la mise en œuvre de projets de territoire (alimentation en circuit court, installation agricole de proximité, espace test agricole…)
  • la mobilisation citoyenne (sensibilisation/formation, appel à épargne, bénévolat, chantier participatif…)

Commissions thématiques :

Elles travaillent sur des sujets transverses au mouvement et orientent par leurs réflexions les décisions du conseil d’administration. Chaque commission compte entre 4 et 8 participants (bénévoles, administrateurs, salariés).

  • Commission Mécénat
  • Commission Sociale
  • Commission Bénévoles
  • Commission Agriculture
  • Commission Territoires
  • Commission Débat Public

Comité d’Engagement Régional
Le CER instruit les dossiers d’installation des porteurs de projet. Il intervient également dans le suivi des fermes acquises. Il est composé de 8 bénévoles ou administrateurs et des animateurs salariés.
Il a délégation du Conseil d’administration pour prendre les décisions dans son domaine.

Bureau de Caen :
Maison des Solidarités
51 Quai de Juillet, 14 000 Caen

Bureau de Rouen :
5 rue des Basnages (locaux Biocoop)
76000 Rouen

Terre de Liens Normandie est reliée à l’association nationale Terre de Liens qui agit pour préserver les terres agricoles, faciliter l’accès des paysans à la terre et développer 𝗹’𝗮𝗴𝗿𝗶𝗰𝘂𝗹𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗯𝗶𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲 et 𝗽𝗮𝘆𝘀𝗮𝗻𝗻𝗲.
Né en 2003 de la convergence de plusieurs mouvements liant l’éducation populaire, l’agriculture biologique et biodynamique, la finance éthique, l’économie solidaire et le développement rural.⠀
A travers 21 régions de France 𝗧𝗲𝗿𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗟𝗶𝗲𝗻𝘀 se mobilise pour enrayer la disparition des terres agricoles, alléger le parcours des agriculteurs qui cherchent à s’installer, et développer 𝗹’𝗮𝗴𝗿𝗶𝗰𝘂𝗹𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗯𝗶𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲 et 𝗽𝗮𝘆𝘀𝗮𝗻𝗻𝗲 .
Son initiative s’appuie sur une 𝗱𝘆𝗻𝗮𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗮𝘀𝘀𝗼𝗰𝗶𝗮𝘁𝗶𝘃𝗲 et 𝗰𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻𝗻𝗲 𝗮𝘁𝘆𝗽𝗶𝗾𝘂𝗲 : l’épargne et les dons du public permettent d’acquérir du foncier agricole et de recréer du lien entre paysans et citoyens pour préserver les fermes à travers les générations. ⠀
Ces lieux sont ensuite proposés en location à des agriculteurs pour des productions favorisant la 𝗯𝗶𝗼𝗱𝗶𝘃𝗲𝗿𝘀𝗶𝘁é et le 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗲𝗰𝘁 des sols.⠀
Au-delà, 𝗧𝗲𝗿𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗟𝗶𝗲𝗻𝘀 informe l’opinion publique et noue des partenariats avec les décideurs locaux pour impulser de nouvelles 𝗱𝘆𝗻𝗮𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 dans les territoires.⠀
L’objectif : impliquer le plus grand nombre dans l’avenir de nos campagnes, et donner l’occasion d’exercer notre 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗼𝗻𝘀𝗮𝗯𝗶𝗹𝗶𝘁é 𝗰𝗼𝗹𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝘃𝗲 .⠀